Reportage

 
23 octobre : Middle Sea Race 2008 / En direct de  Bostik

La boucle est bouclée !
A 03h 31' heure française ce jeudi 23 octobre 2008, au terme de 4j 16h 57' 07",  le monotype Bostik Veolia Ocean skippé par Charles Caudrelier et équipé  par Yann Clavier, François Gabart et le skipper de Défi Mousquetaires Thomas Rouxel, en a terminé des 606 milles de la 4e édition de la Middle Sea Race. Il prend une très belle 9e place en temps réel (sur 77 partants), dans le tableau arrière de bateaux beaucoup plus grands que lui.
Rappelons-le, si Bostik faisait partie des inscrits officiels de cette épreuve, il ne pouvait y concourir au classement général car seul monotype de sa classe. Il y était pour un test de vitesse, dans le cadre de son parcours mondial de promotion. Car ce  bateau de 16 m est destiné à participer à la SolOcéane en 2009, une course autour de la planète en solitaire en deux étapes, contre des bateaux strictement identiques.
Dans des conditions de vent très légères, mené par ses quatre marins très motivés, Bostik a réussi son pari. Thomas Rouxel : "… Après avoir passé Lampedusa, la dernière ile avant Malte, on a fini progressivement par avoir du vent et on a déboulé à 15 nœud au reaching, paisibles. On rattrapait des bateaux devant nous. Malheureusement, en atterrissant sur Malte, on a été scotchés dans le dévent de l'ile pendant 2h30. On a perdu 2 places en réel.
Au global, c'est une super course, avec un parcours génial. Néanmoins, avec toutes ces iles à enrouler, il y a beaucoup de zones perturbées. C'est parfois agaçant, mais c'est très intéressant à gérer en tactique. Quant à Bostik qui n'est pas fait pour ce genre d'épreuve, il reste un bateau intéressant. Il est proche en maniement d'un 60 pieds type Vendée Globe ou d'un multicoque. J'ai encore pas mal appris sur ce type de bateau et en course au large. Mais si je refais cette course – j'y reviendrai – j'essaierai d'embarquer sur un bateau typé pour l'épreuve (handicap IRC) pour vraiment se battre avec les autres…".
 
22 octobre : Middle Sea Race 2008 / En direct de  Bostik
Alors que Bostik vient de virer la dernière grande ile marque de parcours Lampedusa, le monotype Veolia Ocean fonce sur Malte à 12/13 nœuds. Au passage, en portée de Gsm,  le skipper de Défi Mousquetaires nous commente  les dernières heures de sa première course au large sur un autre support que le Solo Figaro.

Thomas : "…On a enfin du vent depuis quelques heures, après la grosse grosse molle des dernières 24 heures. Si Bostik n'est pas super rapide dans le petit temps, au près comme au portant (nous n'avons pas de grand spi en tête et le notre est plutôt plast), on s'en est pas mal sortis et avons réussi à rester sur le devant de la flotte.  Actuellement, on est au vent de travers et on marche à 12/13 nœuds.
La navigation à quatre, c'est super sympa, d'autant qu'entre Figaristes, on est très polyvalents. On est donc interchangeables. On a le temps de dormir, on mange bien. Et comme on voit toujours des bateaux, on ne s'ennuie pas.  Pour le Pour le moment, il pleut (on a eu un gros orage). Si on est obligés de mettre nos cirés, il fait  toujours très chaud. On pense arriver cette nuit car le vent devrait tenir jusqu'à Malte…".
A l'heure de ce communiqué, alors que les très grands bateaux sont déjà arrivés, Bostik et son équipage de gagneurs étaient en 7e position en réel. Une belle démonstration des capacités de vitesse de leur bateau, ce qu'ils étaient venus faire…
 
19 octobre : Middle Sea Race 2008 / En direct de  Bostik
Thomas a été invité par le skipper de Bostik à participer à la Middle Sea Race 2008 à bord du monotype océanique de 16 mètres Bostik Veolia Oceans. Alors qu'ils ont passé le détroit de Messine en fin d'après-midi, Thomas a pu appeler quelques instants au téléphone.
 
Thomas : "... Depuis le départ, comme annoncé, nous n'avons pas eu beaucoup de vent. Surtout qu'il était dans le nez. On a réussi à se maintenir avec les gros bateaux (24 mètres et plus), probablement grâce à notre bonne option de navigation le long de la côte de Sicile. Charles Caudrelier, notre skipper, m'avait confié la tactique pour le départ et cette première partie de course. On est pas mal, d'autant que depuis Messine, on a 20 nœuds de vent au portant. On va vite et on rattrape les bateaux devant (Bostik était 8e au général au pointage de 17h00 sur 77 participants). Le trafic à Messine n'était pas trop important. Il fait très chaud. Je suis de quart avec le boat captain Yann Clavier et François Gabart (autre Figariste) est avec Charles. Quant à Laurent Cadoret, notre cameraman, il es of course hors quart. Actuellement, on fait route sur le Stromboli. Je vous donnerai d'autres nouvelles quand je serai à portée de la prochaine terre...".
 
Prochain point de passage, le Stromboli, puis ce sera les iles des Egades dans le Nord Ouest de la Sicile, avec le passage entre Favignana et Marettimo.
 
Le 9/10 : Défi Mousquetaires sur la Cap Istanbul 2008. Le meilleur pour la fin.
Cet après-midi, à 14 heures 21 minutes et 33 secondes Thomas Rouxel franchissait la ligne d’arrivée de cette cinquième et dernière étape de la Cap Istanbul- Capitale Européenne de la Culture à la quatrième place. Un beau résultat pour le skipper de Défi Mousquetaires qui, au terme de 1660 milles de course, se classe 17ème au classement général.

« Une super étape »
Partis hier en fin d’après-midi, les 27 solitaires engagés sur cette ultime étape de l’épreuve entre Gallipoli et Istanbul ont parcouru près de 110 milles en mer de Marmara avant de franchir la ligne d’arrivée au cœur du Bosphore. Une étape courte et tactique sur laquelle Thomas Rouxel aura plutôt bien réussi.  « Je suis ravi de finir sur une belle étape. Il ne fallait rien lâcher pour s’en sortir. Je suis resté concentré, à fond sur les réglages. Je n’ai pas dormi du tout. Les conditions étaient relativement faibles au départ de Gallipoli puis le vent est progressivement monté. On a louvoyé toute la nuit et j’ai su tirer les bons bords. Il y avait un coup à jouer sur les 40 derniers milles. J’ai choisi de me rapprocher de la côte et ça a payé ».

Classement de la cinquième étape:
1. Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles)
2. Gérald Véniard (Macif)
3. Erwan Tabarly (Athema)
4. Thomas Rouxel (Défi Mousquetaires)
5. Eric Péron (L'esprit d'Equipe)
 
Le 6/10 : Un peu de chance, mais...
En prenant la 12e place de cette 4e étape de 300 milles, Thomas Rouxel sur Défi Mousquetaires signe sa meilleure performance sur cette troisième édition de la Cap Istanbul, entre Aghios Nikolaos (Crète) et Bozcaada (Turquie). Un classement acquis de haute lutte, avec un peu de chance sur la fin du parcours, après les affres du départ crétois

Thomas Rouxel : "…J'ai pris un bon départ en Crète. Le vent était léger et j'étais en bonne compagnie avec Gérald Véniard et Isabelle Joschke. Mais deux heures après le coup de canon, le vent est tombé. Avec Gérald, on a vu passer Isabelle à 10 mètres à notre vent et nous, nous sommes restés scotchés là deux heures durant. Evidemment, je me suis demandé si définitivement je ne comprenais rien à la Méditerranée. Mais une fois à terre, en discutant avec mes adversaires, il semblerait que je traine plutôt en ce moment une tonne de poisse. Ce n'est pas une excuse, car quelles que soient les conditions ou les étapes, je me bats au maximum. Mon bateau a une bonne vitesse. Quand je suis au contact, je fais jeu égal…".
Le lendemain, toujours avec ses mêmes compagnons de route, Thomas était revenu dans les 10 premiers. Thomas : "…quand le vent a fini par revenir de l'ouest, puis sud ouest, on savait que cela risquait d'être musclé. J'ai donc tout de suite choisi d'envoyer le petit spi, parce qu'à Bozcaada, il n'y a pas de voilier. Impossible de réparer en cas de dégâts, il était donc important d' économiser le matériel. Mais c'était la bonne voile et on est allé très vite avec Défi Mousquetaires. Ce qui explique ma position avant l'ile de Naxos. Mais une fois encore, j’ai été trahi par le vent. Ils sont tous passés à la côte et je crois que je fermais la marche…".


Course poursuite
Relégué dans les fins fonds du classement, place qu'il ne connaît guère, Thomas a donc mis sa machine de guerre en route pour revenir sur ses concurrents. Bien lui en a pris car s'il avait emboité leur sillage, à moins d'un coup de Trafalgar, la messe était dite. Sans choisir des options extrêmes, le skipper de Défi mousquetaires a tenté quelques petits coups. A 20 milles de l'arrivée, alors qu'il navigue sous spi, sa route l'emmène à passer au vent de la dernière ile au lieu de longer la côte turque. Thomas : "… grâce à ce petit coup, je me suis retrouvé dans les premiers à toucher du vent et comme j'étais sur la route directe, j'ai réussi à remonter à la 12ème place. On a terminé la course bord à bord avec Distinxion et Dcns, une petite longueur à peine nous séparait sur la ligne d'arrivée…".
Un finish quelque peu magique dans le petit port de Bozcaada, alors que le soleil commençait à darder de ses chauds rayons, après une nuit bien fraîche. Sur le quai, l'organisation avait préparé un bel accueil : un barbecue, à l'abri du vent, permettait d’offrir à chaque solitaire quelques brochettes et grillades, pour un juste réconfort. Une jolie carte postale, comme toutes celles qui ont émaillé le parcours. Thomas : "… déjà l'an dernier, j'avais apprécié de naviguer en mer Egée. C'est magnifique. C'est sûr qu'avec 35 nœuds sous spi, la contemplation du paysage est plutôt restreinte, mais cela donne envie d'y revenir en croisière.…".
A 4h30 du matin mercredi 8 octobre, Défi Mousquetaires et ses 27 compagnons de jeu lèveront l'ancre pour rejoindre l'entrée des Dardanelles. Au programme, 46 milles de convoyage au moteur en direction de Gallipoli, la navigation à voile étant formellement interdite dans le détroit. C'est donc en fin d'après-midi qu'ils prendront le départ de l'ultime manche (110 milles) pour rejoindre Istanbul. Thomas : "… on est en Med' ; il peut toujours se passer quelque chose. Mais les dés sont quand même jetés. Je vais y aller avec plaisir et tenter de bien faire, encore bien faire…".

Repères
Bozcaada, anciennement Tenedos, est une petite ile turque* de 7 km de long située à 16 milles (30 km) dans le sud-ouest de l'entrée du détroit des Dardanelles. Dès l'antiquité, Hérodote en vantait les charmes : "… Dieu a créé Bozcaada, afin que ceux qui y viennent, vivent plus longtemps…". Elle est baignée par des eaux d'une incomparable pureté. 800 à 1000 habitants y vivent en hiver ; mais elle est envahie l'été par quelques 20 000 touristes véhiculés par les incessants allers et venues des ferries. Ils y trouvent une véritable quiétude, celle d'iliens extrêmement accueillants. La pêche, la viticulture (on y trouve d'excellents vins) et les olives sont les trois activités principales en marge du tourisme. En ce début octobre, la température de jour est chaude et supportable, et les nuits juste fraiches. Mais ce qui régit vraiment l'ile, c'est le vent " ou la volonté du Seigneur " omni présent. Ce qui a fait prendre aux autochtones comme emblème la rose des vents. Ecologiste avant l'heure, l'ile abrite la plus grande centrale électrique par éolienne qui suffit à tous ses besoins énergétiques
* Au moment de la Guerre des Balkans, l’île fut occupée par les Grecs et leurs appartint entre 1912 et 1923. Elle servit de base aux forces anglaises et françaises lors de la Bataille des Dardanelles. Elle redevint possession de la Turquie le 20 septembre 1923, après les années noires de la Guerre des Balkans, au Traité de Lausanne.

Dardanelles
Bras de mer de 46 milles (56 km), il relie la mer Egée à la mer de Marmara. Comme le Pas de Calais, le détroit de la Sonde (entre Java et Sumatra) ou le détroit de Malacca (entre l'ile de Java et l'Indonésie), c'est l'un des endroits au monde où le trafic maritime est le plus intense. Des cargos de toutes tailles transportant toutes les denrées possibles et imaginables, se suivent à la queue leu leu, dans le sens montant comme dans le sens descendant. Ils ont leurs propres autoroutes afin d'éviter les abordages. Et si la mer peut y être parfaitement calme, elle peut aussi y être totalement déchainée. Ce, à cause de vents descendant des montagnes qui accélèrent dans les vallées et soufflent en courtes et violentes bourrasques. Un peu comme les Williwaws le long des côtes argentines. Sa largeur navigable ne dépasse pas 1 mille (1,8 km) aux endroits les plus resserrés comme Canakkale ou Gallipoli, sans compter les effets d'un courant de minimum 3 nœuds (5,5 km/h) dans la partie sud.
 
Le 5/10 : Témoignage de Thomas Rouxel
"Grand soleil, 15/20 nœuds de vent à 90° de la route. Après un départ un peu chaotique, je pensais avoir mordu la ligne alors que ça n'était pas moi, j'ai quand même fait le tour de la bouée et finalement tiré les bons bords pour passer la bouée de dégagement aux alentours de la 12e place. S'en est suivi une sortie de baie pas moins chaotique puisqu'après avoir encore grappillé quelques places, une fois n'est pas coutume, nous sommes tombés dans une molle avec Robert Nagi alors qu'Isa (Synergie) passait 10 mètres à notre vent sans se poser de question !!!! On en ressortira deux heures plus tard dans une position bien moins avantageuse (avec 10 milles de retard sur Isa). La soirée commençait bien! Là dessus, je me fais un petit repas pour prendre le rythme et v'la t'y pas qu'une demie heure plus tard, j'ai des aigreurs d'estomac et un bon mal de crâne... Autant dire que la nuit (sans sommeil) a été difficile.
Moins mal en point ce matin, et avec  le vent rentré, je m'accorde quelques surfs déraisonnables dans plus de 35 nœuds de vent entre les îles. Le bateau fait sous marin mais reste à l'endroit et je retrouve une place dans le peloton de tête (4e) avant de passer trop près de Naxios et y rester collé dans son dévent !!!
Bilan je me retrouve ... bah je sais pas combien avec quelques collègues habitués et pas plus chanceux (Gérald Véniard, Christopher Pratt, Romain Attanassio et Robert Nagy). Heureusement que le paysage au milieu des îles et les conditions sont excellentes, sinon j'aurais les boules (bah encore plus quoi) et je ne vous aurai pas écrit !
A plus tard pour de nouvelles aventures…".
Ici à Boozcaada, c'est la tempête. Depuis ce matin, le vent souffle très fort du sud à l'ouest avec juste 10 minutes d'accalmie entre les deux directions. Les cargos sont même venus se mettre au mouillage à l'abri des caprices d'Eole. Mais le vent va mollir ce soir et devrait être clément pour l'arrivée des soliatires. Ici, point de Marina. Des quais en ciment avec des enrochements partout. Un vrai casse-tête pour l'organisation et loger les 29 bateaux plus les bateaux d'assistance. Mais ils font face. la nuit va être agitée. La population - la majorité des iliens car peu de touristes en ce moment - s'apprêtent à accueillir les navigateurs. Un grand barbecue de nuit leur sera servi avant qu'ils n'aillent dormir. Une certitude, ici c'est la gentillesse qui prédomine.
   
  Le 1/10 : "J'ai du mal à m'y faire"
  Lundi soir, Défi Mousquetaires a franchi la ligne d’arrivée de la troisième étape de la Cap Istanbul-Capitale Européenne de la Culture en 16e position, 3h 54mn 41s derrière le vainqueur, Synergie. Cette étape de 540 milles entre Marzamemi (Sicile) et Aghios Nikolaos (Crête) n’aura pas été de tout de repos et Thomas Rouxel a encore bien du mal se faire aux conditions météo pour le moins complexes de la Méditerranée.

Ne pas essayer de comprendre

Thomas Rouxel : "… Il n’y a malheureusement pas grand chose à faire pour essayer de comprendre ce qui se passe en Med’. Les conditions climatologiques sont vraiment très particulières, on n’a jamais ce qui est prévu. La météo est extrêmement changeante et imprévisible et, malgré les 1250 milles déjà parcourus, je n’arrive toujours pas à m’y faire...* ".
Classé 20e au général, le skipper de Défi Mousquetaires accuse 7h25’04" de retard sur Koné Elevators, leader au général. Qu’importe le classement aujourd'hui, Thomas Rouxel a pris le parti, à ce stade de la course, de vivre les étapes les unes après les autres. Il en reste deux, 440 milles au total, et le jeune Breton entend bien naviguer proprement : "… Je vais continuer à attaquer, je suis là pour la compétition avant tout et il est hors de question de baisser les bras. Je vais essayer de prendre un maximum de plaisir et si je parviens à faire un meilleur résultat, ce sera un bonus. Je suis déçu, c’est certain mais il y a tout de même des points positifs. Je suis plutôt satisfait de ma façon de naviguer depuis le début de la course. Je me débrouille bien au contact et la vitesse de Défi Mousquetaires est toujours aussi bonne…".

Cap sur l’Ile de Bozcaada
Vendredi 3 octobre, les 28 solitaires engagés dans l’épreuve mettront le cap sur la petite île de Bozcaada située au sud-est du détroit des Dardanelles. Au programme, une remontée de 300 milles au cœur de la Mer Egée : Thomas Rouxel : "… Il va falloir être très vigilant. Le trafic maritime est plus qu’intense dans cette région et le parcours est semé d’embûches. Il y a des iles partout et le parcours est libre !...".

* Thomas avait pourtant terminé 4e l'an dernier, mais en double, avec Erwan Israel.
   
  Le 28/09 : Le chat noir !
  Impossible de classer nos Figaristes dans la catégorie André Gide pour qui "…le choix a toujours été intolérable…". Il a bien fallu en faire des choix -  et pas des moindres - sur le début de cette route accidentée vers  la Crète. Parti en tête de Marzamemi, Thomas choisissait de rester proche de la Rhumbline, à savoir de la route la plus courte en compagnie de quelques camarades de jeu, alors que la majorité de la flotte plongeait au sud.
Thomas hier samedi 27 à 08h00 françaises : "… Le ciel est voilé, la mer est plate. On a entre 10 et 15 nœuds de vent d'Est pour une route… à l'Est. Les fichiers météo annonçaient de l'ouest, on devait continuer sous spi et on tire des bords! La nuit a été calme, colorée par quelques éclairs au large. Pauvre petit breton que je suis qui ais pour habitude de voir des orages 3 fois par an. Ici, on en a eu tous les jours depuis notre départ de Nice! J'ai pu dormir cette première nuit car on était au portant et j'ai dormi autant en cette 1re nuit que sur les 2 étapes précédentes!!! Ca fait du bien, je risque d'y prendre gout!
Je navigue bord a bord avec Distincxion et Esprit d'Equipe ; on est sur une route plus nord que le reste de la flotte mais quand même légèrement au sud de la route directe. Les routages météo nous envoient au sud mais comme les fichiers de prévision américains ne sont pas fiables, j'ai pris le parti de ne pas trop m'éloigner de la route direct. Cependant, il faudrait que le vent arrête de souffler dans le nez… A part cela, c'était bien cette 1re bouée au vent en tête au départ, c'était cool. Ca fait du bien, après mes derniers résultats décevants, même si cela ne veut pas dire grand-chose sur une étape aussi longue. Ah le soleil fait enfin son apparition! Je vais retourner barrer... J'ai un métier… Sinon, quoi de neuf dans le monde ?...".

Et oui, quand ca marche – même si le vent est capricieux -  c'est plus facile, l'humour reprend se droits…

Le chat noir
Au gré des options de route, Thomas va osciller entre la 1re et la 16e place, passant quand même la majorité de ce début de course dans le top 5. Mais comme déjà dit et redit, et encore redit, la Méditerranée, ce n'est pas comme dans les livres. Au sud, alors qu'ils attendaient du vent de NE hier samedi, ils se sont retrouvé à cavaler sous spi. Même si on se dit que rien n'est fini, que tout peut encore changer, se faire mettre plus de 30 milles en 24 heures et se faire reléguer en queue de classement à de quoi déstabiliser et irrémédiablement saper le moral. C'est pas une année pour l'option Nord…Thomas : "… Mon nouveau surnom, c'est plus la fusée mais le chat noir dixit Christopher Pratt, Gérald Véniard, Marc Emig et les autres...A bon entendeur !!!...". Allusion à ce qualificatif de "fusée" dont Thomas est affublé depuis le début de saison tant il va vite sous spi.

Début de justice
Au plus fort de la crise de ce premier jour de course, soit à 19h10 hier samedi soir, Défi Mousquetaires accusait un retard de 34,8 sur le leader Suzuki quant à lui au sud !  Mais ce matin à 5 heures, Thomas avait repris quasiment 10 milles et au pointage de 09h40 ce dimanche, son retard n'était plus que de 21,5 milles. Et si la météo se confirme, les nordistes pourraient bien avoir raison. Nicolas Béranger, actuel leader au classement général : "…je suis passé de la 19e
à la 3e place en une nuit. Mais maintenant, au sud, on a du vent de NE assez fort (21 nœuds) avec pluie et nuages ;  on devoir virer de bord pour remonter sur la route qui mène en Crète. Les nordistes sont pas mal ce matin. Si on a mangé notre pain blanc au sud et eux leur pain noir, ca va être notre tour dans les heures à venir, d'autant qu'il devrait y avoir de la molle (peu de vent). Au croisement, les nordistes pourraient bien être devant…". Ce que confirmait le vainqueur du Figaro Nicolas Troussel en tête du peloton des nordistes. En effet, les ceux-ci affichent une vitesse supérieure ce dimanche matin, naviguant sur le bord le plus rapprochant et tout près de la route directe. Et si cela se confirme, le vent devrait revenir par le nord… Au pointage de 12h10, la tendance était identiques, les deux flottes faisant désormais route convergente alors que l'on est à peine à la mi parcours. 
 
Prochains pointages  à 16h10 & 19h10
   
  Le 26/09 : en tête !
  La rage de vaincre
Hier après-midi, j'ai parlé avec Thomas. Bien reposé, la voix claire, il ne parlait que de la Crète, avec l'envie d'avoir envie, de bien faire sur cette longue 3e étape de 540 milles entre la Sicile et la Crète. Rappelez-vous, avant le Figaro comme pour Cap Istanbul, sa plus grosse crainte était "... de passer à côté de sa chance...". Car pour gagner, on le sait tous, à côté du talent, du travail, de la préparation, de l'entraînement, il faut un peu de chance. Et si avoir de la chance reste circonstanciel, la provoquer est être opportuniste. Une diatribe qui résume quelque peu l'état d'esprit de Thomas à quelques heures d'embarquer. Le départ de Marzamemi lui donne raison...

A la bouée de dégagement après le départ, Thomas était en tête devant Paul Meilhat(le sauveur de Christophe Bouvet tombé à l'eau lors de la 2de étape), Gildas Morvan (le probable vainqueur du Championnat de France 2008 de Course au large en solitaire où Thomas était vice champion l'an dernier), et Nicolas Béranger, actuel leader de cette édition de Cap Istanbul. Le vent soufflait d'ouest pour 20 nœuds et un gros nuage venait déjà perturber la flotte qui s'envole sous spi. Deux options déjà se profilaient : le bord à terre pour continuer à bénéficier du vent thermique le plus longtemps possible le long de la Sicile ou Cap au large !
A 20h00, Thomas était toujours en tête. Ci-après le communiqué en direct du bateau de la direction de course qui vient de tomber :
 
Thomas Rouxel ouvre la marche
C’est parti pour 540 milles ! La flotte de la « Capital Européenne de la Culture-Cap Istanbul » a laissé la Sicile dans ses tableaux arrières. Cap sur la mer Ionienne qu’il faut traverser d’Ouest en Est pour rallier Aghios Nikolaos en Crète, terme de cette troisième étape.

A 17h41, les 28 solitaires se sont élancés dans un flux d’ouest de 20 nœuds qui n’a pas tardé à mollir et faire la girouette dans tous les sens. Les honneurs du départ sont revenus de droit à Thomas Rouxel sur Défi Mousquetaires, fermement décidé à prendre sa revanche à l’issue du parcours entre la Sardaigne et la Sicile qu’il a bouclé en 22e position.

Concentré et confiant à la barre, le jeune skipper abordait cette longue étape avec la prudence nécessaire au regard de l’instabilité prévisible des conditions : « Je suis super content d’être passé en tête. Cela soulage un peu après les premières étapes que j’ai disputées. Néanmoins la course est encore longue et nous venons d’avoir une rotation de 90° du vent pour seulement une partie de la flotte ! C’est assez révélateur de ce qui nous attend sur la mer Ionienne : il faudra avoir les nerfs solides ! Si les conditions le permettent, si le vent se stabilise, je n’hésiterai pas aller dormir. Dans l’immédiat, je vais continuer à faire avancer le bateau le plus vite possible et je ne vais pas tarder à aller me faire un petit plat chaud pour bien prendre le rythme en prévision de cette longue étape. »
   
  Le 25/09 : Une vraie galère
  Mercredi 24 septembre, à 7 heures 5 minutes et 43 secondes, Thomas Rouxel franchissait la ligne d’arrivée de la deuxième étape de la course Cap Istanbul entre Cagliari (Sardaigne) et Marzamemi (Sicile) en 22e position. Un coup dur et un classement peu en adéquation avec la navigation du skipper de Défi Mousquetaires qui avait très bien démarré la course.

Au petit bonheur la chance
Après un départ très tactique en baie de Cagliari – Thomas passait la bouée de dégagement en 7e position - et une longue descente sous spi en mer Tyrrhénienne, l’atterrissage le long des côtes siciliennes n’a pas été de tout repos et s’est largement chargé de redistribuer les cartes pour les 28 concurrents engagés dans cette 2e étape.
Thomas Rouxel : "… J’ai super bien navigué sur la première moitié de l’étape. C’était dur physiquement. Le vent était très changeant, il fallait vraiment être à fond sur les réglages pour s’en sortir. J’ai réussi à me maintenir aux avant-postes (5e) jusqu’ à l’approche des côtes siciliennes où le classement a complètement basculé. La Méditerranée a décidemment pris le parti de mettre nos nerfs à rude épreuve. A l’approche de la première marque (Nord-ouest de la Sicile), on s’est tous retrouvés coincés dans une molle, à l’affut de la moindre risée qui nous permettrait de passer la première porte. A partir de là, ça c’est joué au petit bonheur la chance et j’ai perdu une bonne quinzaine de places alors que j’étais parvenu à me maintenir en tête de peloton. Difficile de se garder une motivation intacte dans ces circonstances…".

Le coup de grâce
A 80 milles de l’arrivée, alors que Défi Mousquetaires pointait à la 15e place, le passage d’un front orageux s’est chargé de mettre fin à tout espoir de regagner quelques places au classement.
Thomas Rouxel : "… Coincé sous un grain qui m’a rejeté sans appel en queue de flotte, j’avais l’impression d’être en marche arrière. L’horreur ! Deux ‘claques’ d’affilée, ça fait mal…".
Vingtième au classement général à l'issue des deux premières étapes, Défi Mousquetaires a près de 4h40’ de retard sur le premier, Kone Elevators. Pour autant, Thomas Rouxel ne se laisse pas abattre et conserve toute sa motivation pour l’étape à venir, la plus longue de l’épreuve (540 milles). Thomas Rouxel : "… J’essaie d’oublier le classement et de prendre les étapes les unes après les autres. L’objectif est de continuer à bien naviguer. J’espère que le résultat sera au rendez-vous sur les prochaines étapes. Moralement c’est un peu dur, mais j’entends bien être de nouveau au top d’ici vendredi 18h00, départ de la 3e étape, direction la Crète…".

Repères. Au vent de Syracuse…
Marzamemi, port d'escale de cette 2e étape est un petit village de pêcheurs situé dans la ville de Pachino qui fait partie de la province de Syracuse à l’extrême sud-ouest de la Sicile. Son nom vient du mot arabe Marsa-al-haman qui veut dire "la baie des tourterelles".

Entre Libeccio et Sirocco. Après avoir composé avec l'essoufflement du Libeccio au Sud Sardaigne, Défi Mousquetaires va naviguer de Marzamemi à Aghios Nikolaos entre mer Ionienne et Mer de Crète, où sévi le terrible Sirocco (ou Ghibli, Gharbi), un vent sec et chaud venant d'Afrique du Nord.
   
  Le 23/09 : En direct de DéfiMousquetaires
 
  Miracle en Sud Sardaigne
Si Thomas a la possibilité de nous envoyer des messages via le téléphone Iridium par satellites du bord, il ne s"était encore exprimé. C'est qu'il avait à faire et faisait même bien, étant toujours dans le top ten voire même mieux puisqu'il a été un temps 5e. Le front orageux de cet après-midi a eu raison de son moral, mais rien n'est encore joué. Il reste 66 milles jusqu'à l'arrivée. Le classement est un vrai yoyo.

Thomas, La Méditerranée qui pleure !!!
 "...  Fais ch ...  cette put... de  Méditéranée.  Elle pleure dans les deux sens du terme ce soir. La pluie qui ruisselle le long de mon cou, la pluie de ce grain venu de nul part et qui me rejette en dernière position de la flotte!!!!  Elle pleure ce classement avec Défi  Mousquetaire et moi surtout sur cette étape qui avait pourtant si bien commencé  ! 5e à l'atterissage en  Sicile ! J'étais fier de moi, malheureusement les caprices de cette put... de mer en ont  décidé autrement.  Après une première claque (15 places  de perdues au passage de la porte), ce nuage me rejette sans appel en queue de flotte. J'ai les boules  !  Encore un de ces moments où  tu te demandes ce que tu fais là  ! En plus il fait froid, la température à brusquement chuté de  6/7 degré sous la pluie!  A  encore 66 milles de l'arrivée - et oui en plus c'est pas fini - je n'ai plus qu'à espèrer un autre coup aussi pourri pour revenir.  Ici tout est possible!
   
  Le 20/09 : Nouveau départ
  La direction de course a décidé d'arrêter la course et a demandé à tous les concurrents de retourner à Cagliari. Une fois l'état des lieux fait des dégâts sur les bateaux, après discussions avec les coureurs, un nouveau départ a été programmé pour demain dimanche 21 à 11h00 pour laisser le temps à tous de réparer voiles déchirées espars cassés, accastillage défectueux. Christophe Bouvet quelque peu choqué a décidé de ne pas repartir mais a demandé à ce que son bateau soit convoyé par des préparateurs sur Istanbul, afin de bien terminer son histoire. Ils ne seront donc plus que 28 à poursuivre l'aventure.

Thomas Rouxel : "... Après avoir pris un bon départ à Cagliari (3e à la bouée de dégagement), j'ai pris l'option de rester sur le route directe, alors que la flotte s'étalait énormément en largeur. Quand nous avons entendu l'appel de la direction de course qui demandait aux bateaux les plus proches de Sirma de se dérouter, j'étais à environ à 13/14 milles de lui. Je venais de partir au tas (perte du contrôle du bateau) dans un gros grain où le vent est monté à 40 nœuds (force 9). J'ai du affaler le spi et j'y ait fait quelques trous pendant cette manœuvre car il a chaluté. Je suis reparti contre le vent pour me diriger sur la zone où Christophe Bouvet était tombé à l'eau. Quand j'y suis arrivé, cela faisait 10 minutes qu'il avait été récupéré. Je suis arrivé à 04h30 du matin à Cagliari...".

Après avoir dormi, tous les skippers se sont retrouvés avec la direction de course pour discuter des modalités du nouveau départ. Thomas Rouxel : "... pour l'instant, on repart demain matin à 11h00 si tout le monde a pu réparer ses bobos. Mais on s'est laissé l'opportunité d'encore retarder de quelques heures pour que tout le monde soit prêt. Mais on essaye de partir le plus vite possible de Sardaigne afin de ne pas modifier trop le programme. On a évoqué une réduction possible de parcours le long de la Sicile afin de ne pas rester scotché des heures le long de la côte SO de cette ile où les vents sont souvent faibles. Pour l'instant, on nous annonce du NE de 15 à 20
nœuds. Donc maniable...".
   
  Le 17/09 : Une heure de sommeil en 48 heures…
  Elle est coriace la Méditerranée pour les concurrents de la Cap Istanbul. Si le trio derrière Eric Drouglazet a pu globalement tirer son épingle du jeu sur cette première étape entre Nice et la Sardaigne, pour le reste de la flotte, le retard est déjà substantiel. Thomas Rouxel sur Défi Mousquetaires est arrivé 14e, 4 heures 37 minutes et 18 secondes derrière Eric Drouglazet "… parce qu’en Med’ ‘ça se joue à pas grand chose…".

Un départ tactique
A peine la course lancée de Nice dimanche 14 à midi, la flotte des 29 concurrents de la Cap Istanbul s’est dispersée sur le plan d’eau. La baie des Anges, pourtant baignée de soleil, n’avait alors rien d’un paradis. Thomas Rouxel : "… Ce fut immédiatement très tactique, il a fallu choisir son camp, à l’ouest ou à l’est et les écarts entre les deux options ont été rapidement importants. C’est là que Droug’ a fait la différence ; j'étais avec lui à l'ouest et il a démarré alors que je n'avais pas encore de vent; ça s’est joué à vraiment pas grand-chose, comme souvent en Méditerranée…". En à peine 48 heures de course, les Figaristes ont rencontré tout le panel des conditions difficiles, allant de la pétole molle à la 'baston'. Dur pour les nerfs du skipper et pour le matériel. Thomas : "… Au début, c’est sympa de surfer à
18 ou 19 nœuds ; mais dans une mer formée et mal rangée, ça devient vite stressant. On a peur d’abîmer le bateau et on ne lâche jamais la barre ; il s’agit surtout de ne pas se mettre sur le toit. Dans ces conditions musclées, Droug a vraiment assuré. Quant à la pétole ou petit temps, on n’a pas ces inquiétudes mais les nerfs sont malgré tout mis à l’épreuve. Il faut également être dessus tout le temps. Avec le retard que j’avais pris dans les premières heures de course, j’ai dû cravacher. Ça n’a pas suffi pour revenir au contact de la tête de flotte, mais j’ai réussi à recoller le paquet suivant…".

Récupérer pour le deuxième round
Son retour dans le bon paquet, Thomas Rouxel l’a payé cash, ne s’accordant qu’une heure de sommeil en 48 heures. Thomas Rouxel : "… Depuis notre arrivée à Cagliari, je fais des petites siestes. Je me dis que je vais dormir une heure et en fait, je plonge pendant au moins quatre heures. Comme j’ai eu quelques petits soucis techniques sur Défi Mousquetaires, il y a un peu de boulot. Pierrick, mon préparateur, est enfin arrivé et nous allons pouvoir avancer. Le spi que j’ai déchiré sur la fin de parcours est en réparation depuis hier chez le voilier. Sinon, il y a un peu de bricolage à faire et pas mal de rangement à bord. Nous serons prêts pour repartir vendredi…".

Il reste quatre étapes, 1300 miles de course : autant dire que la messe est loin d’être dite, même si Eric Drouglazet en a sérieusement troublé les matines. Le départ est prévu vendredi 19 à 16 heures, direction le sud-est de la Sicile à Marzamemi. Thomas : "… Tout est faisable, la route est encore longue et la prochaine étape promet d’être compliquée : il y aura donc des coups à jouer. Comme la première étape a été plus rapide que prévue, nous avons une nuit supplémentaire à terre et ça, c’est très bénéfique…".
   
  Le 17/09 : Cap Istanbul -  En direct de Cagliari
  Après de nombreuses heures de récupération, Thomas a repris ses esprits. C'est d'une voix claire et avec une analyse factuelle et sans détour qu'il nous a conté cette première étape animée. Thomas : "... je suis parti du bon côté (à l'ouest) avec Eric Drouglazet dès la sortie du parcours en baie à Nice. La dépression qui y était installée nous annonçait du vent. Et en Med, quand on annonce du vent dans un secteur donné, il finit toujours par venir. Je n'ai pas été aussi extrême que Banque Populaire ou Région Bretagne. Mais j'ai quand même eu du mal  à attraper le vent. Droug s'est envolé avant moi. Et après, dans la brise, il a vraiment assuré. J'ai pourtant un bateau super rapide au portant. Mes adversaires m'appelle 'la fusée' quand on est à cette allure. Je n'en ai certainement pas tiré toute la quintessence. Je continue à apprendre; je n'ai pas 13 Solitaire du Figaro comme Droug et je dois reconnaître que j'ai eu du mal à gérer ma fatigue, comme cet été au Figaro. Il va vraiment falloir que je travaille cela car quand c'est aussi sportif que lors des grandes glissades sous spi dans une queue de Mistral et la mer hachée de Med', il faut tenir. Je n'ai pratiquement pas dormi. Et sur la fin de parcours, j'ai éclaté mon grand spi. Cela fait partie de la course ! Il est en réparation ; et j'en ai un autre de rechange.
Sinon, le bateau va toujours bien. Quelques petits bricolages restent à faire pour qu'il soit parfait pour la seconde étape. Droug nous a mis un peu plus de 4 heures. Mais comme déjà dit et si souvent rabâché, en Med, rien n'est jamais joué. Je garde la hargne..."
 
Départ de la seconde étape de Cagliari (Sud Sardaigne) à Marzamemi (Sud-est Sicile) vendredi 19 à 16h00.
   
  Le 14/09 : Défi Mousquetaires sur la Cap Istanbul 2008. Début des hostilités.
  Aujourd’hui, à 12h, les 29 Figaristes engagés sur la Cap Istanbul/Capitale Européenne de la Culture se sont élancés au cœur de la baie de Anges, à Nice, en direction de Cagliari (Sardaigne). Cette première étape, qui s’annonce très technique, promet de donner bien du fil à retordre aux concurrents. Impatient d’aller en découdre, Thomas Rouxel sait qu’il faudra être opportuniste.

Quatorzième du prologue disputé hier à Nice, le skipper de Défi Mousquetaires avait à cœur de tester les réglages de sa monture: "En ce qui me concerne, le classement est anecdotique. Le prologue nous a permis d’effectuer une première étude du plan d’eau. On s’est aperçu que ça pouvait être très compliqué avec des vents pouvant varier de plus de 90 degrés en direction et de 5 à 6 nœuds en intensité. Un plan d’eau assez perturbé en somme. Et puis, l’objectif était de vérifier que tout fonctionnait à bord et ça a été le cas, donc c’est plutôt une bonne nouvelle, je suis fin prêt à partir".

Cap sur la Sardaigne
Une fois sortis de la baie des Anges, ce qui ne s'annonce pas simple, les concurrents seront rapidement amenés à faire un choix : se décaler de la route directe, dans l’ouest, pour aller chercher un flux assez soutenu généré par le Mistral ou tenter une option près de côtes Corses pour aller jouer avec les effets de site. Telle était la question ce matin, qui animait les pontons du vieux port de Nice.
Penché sur les fichiers météo, Thomas Rouxel livrait son analyse à quelques minutes du départ : "Ca ne va pas être simple de sortir de la baie. Il y a un moins de vent que prévu et il semblerait que les conditions demeurent relativement faibles jusqu’à demain matin. En Méditerranée, on est souvent confronté à une météo pour le moins complexe. Elle n’est pas aussi fiable qu’en Atlantique ou Manche où on peut davantage s’appuyer sur les prévisions. Alors du coup, on navigue différemment et on privilégie les notions d’instinct et d’observation. Il faut apprendre à analyser les phénomènes locaux et surtout, savoir être réactif. C’est primordial. Ca implique une bonne gestion de l’effort, autrement dit, il faut être capable d' aller se reposer au bon moment pour pouvoir être sur le pont, prêt à modifier les réglages dès que le vent change".

A l’issue du parcours côtier, près de trois quarts d'heure après le départ, Défi mousquetaires pointait à la 10ème place.
   
  Le 13/09 : Cap Istanbul, un prologue de tout petit temps
  Samedi 13 septembre à 10h45, les 30 concurrents de Cap Istanbul se sont élancés sur le prologue / Trophée des Alpes Maritime par tout petit temps. Il ne fallait pas se tromper de côté sur le parcours. Le premier bord à terre était obligatoire. Thomas Rouxel sur Défi Mousquetaires ne s'y est pas trompé. 9e à la première marque, il laissera passer quelques camarades sur le bord sous spi pour terminer 14e.
Thomas Rouxel : "... Les prologues ne comptent pas pour le classement général. Cela ne nous empêche pas de nous bagarrer vraiment. C'était assez mistouflard ce matin, avec un vent très changeant et surtout très faible. Je suis pas mal parti et du bon côté. J'ai eu un peu de mal à la fin du bord de spi. Mais tout va bien. Je suis à bloc pour demain, même si encore la météo ne nous annonce pas des tonnes de vent et des orages...".
   
  11/09 : Cap Istanbul 2008 : Ultime défi de la saison pour Thomas Rouxel
 
     
     

  Thomas Rouxel prendra le départ de la Cap Istanbul/Capitale Européenne de la Culture, 3e et dernière épreuve du Championnat de France de course au large en solitaire, dimanche 14 septembre à Nice. A la barre de Défi Mousquetaires, le jeune skipper entend bien se battre pour figurer parmi les meilleurs et finir la saison sur une note positive.

Une course exceptionnelle
Initialement courue en double, la Cap Istanbul change de format cette année et se dispute désormais en solitaire. Pour sa troisième édition, elle s’inscrit donc naturellement parmi les épreuves comptant pour le Championnat de France de course au large en solitaire où Thomas était vice champion en 2007.
Avec cinq étapes étapes, ce sont 1660 milles à parcourir en Méditerranée pendant près de trois semaines pour les 30 participants engagés.
Thomas Rouxel : "… Je suis ravi d’achever la saison sur une telle épreuve. Il règne un esprit bon enfant sur ces courses dites de fin de saison. En ce qui me concerne, j’essaye de ne pas me mettre trop de pression, mais tant que je n’aurai pas fait un bon résultat pour effacer la déception liée à ma contre performance sur la Solitaire, je ne dois rien relâcher. Comme pour chaque navigation, ce parcours représente une occasion de progresser, d’enrichir ma base de connaissances. Je garde un excellent souvenir des étapes de l’an dernier. Cette année encore, nous allons naviguer dans des endroits exceptionnels, j’ai hâte d’y être…".

Une navigation délicate
Cette course au parcours atypique s’annonce particulièrement ardue car la Méditerranée peut réserver de véritables pièges ou chamboulements. Thomas Rouxel : "… Le parcours est assez délicat avec ses cinq étapes autour de la Sardaigne, la Sicile, la Crète et la mer de Marmara. Les conditions de vent peuvent être très aléatoires et on ne pourra pas anticiper la météo aussi bien qu’en Atlantique. Il va falloir s’adapter et surtout être à fond sur les réglages et la nav’. Plus important encore, il faudra veiller à ne pas se décourager. Ce n’est pas parce qu’on se retrouve en bas de tableau à un moment où sur une étape qu’on ne peut pas revenir dans le classement quleus milles ou heures après. Avec des vents aussi changeants, tout peut arriver. Il y aura forcément des renversements de situation…". A ces conditions météo pour le moins tordues, viennent s’ajouter deux autres contraintes non négligeables avec lesquelles les concurrents devront composer : un fort trafic maritime et un parcours semé d’embuches. Thomas : "… il y a beaucoup de petites iles et de cailloux, notamment entre la Crête et la Turquie. Il va falloir être très vigilant, faute de quoi, on risque de se faire très peur…".
Une chose est sure, la bagarre s’annonce difficile. Mais Thomas Rouxel n’a pas dit son dernier mot. Le skipper de Défi Mousquetaires a prouvé depuis l'an dernier qu'il sait être opiniâtre, jamais battu. Il conserve toute sa motivation et son envie de bien faire.

Dernière heure
Pour des raisons de logistique d'accueil des bateaux, la deuxième étape est désormais Cagliari / Marzamemi au sud de la Sicile, en remplacement de Catane. Le parcours est ainsi plus court de 70 milles.
   
  28/08 : Défi Mousquetaires sur Cap Istanbul

 

Dimanche 14 septembre, Thomas Rouxel alignera son Défi Mousquetaires sur la course Cap Istanbul, dernière manche du championnat de France de course au large en solitaire. Particularité de cette édition où il avait terminé 4e l'an dernier, elle se court cette année en solo. Elle emmènera les 31 concurrents de Nice à Istanbul via la Sardaigne, la Sicile, la Crète et le sud de la Turquie. Trois semaines de course en Méditerranée pour 1730 milles (3204 km) où la lecture de la météo sera un élément majeur sur un parcours empreint d'un intense trafic maritime. 
Thomas Rouxel : "… Ce format de course en Méditerranée et sur ce parcours est une première. On va donc découvrir. Néanmoins, j'ai un excellent souvenir des escales de l'an dernier. Cela va être l'occasion d'encore progresser, d'enrichir ma base de connaissances. Et avec la météo qui est souvent changeante en Méditerranée, il faudra être très réactif aux changements de vent et bien régler le bateau ; mais aussi être vigilant aux trajectoires des cargos pour ne pas se faire trop peur !...".